Les 5 phases de maturité IA d’une entreprise : du ChatGPT personnel à l’espace de travail partagé
Situez la maturité IA de votre entreprise, repérez le shadow AI et organisez les outils, les données et les dépenses de votre équipe.
La maturité IA d’une entreprise se mesure à sa façon de choisir les outils, de traiter l’information et de vérifier le travail produit. Accumuler les abonnements renseigne peu si personne ne sait quels documents les salariés envoient ni qui valide le résultat avant sa remise au client.
Prenons un distributeur fictif de vingt salariés. Une commerciale prépare des courriels dans son compte ChatGPT personnel. Au service administratif, un collègue essaie un autre outil avec un fichier de commandes. Le dirigeant reçoit deux notes de frais. Il faut désormais convenir d’une façon de travailler, avec des responsables pour les données et les dépenses.
En 2025, 18 % des entreprises françaises d’au moins dix salariés utilisaient une technologie d’IA, selon l’Insee, dans les secteurs principalement marchands hors agriculture, finance et assurance. Cette proportion mesure l’adoption des technologies étudiées. Elle ne classe pas les entreprises par maturité et ne mesure pas l’usage de comptes personnels par leurs salariés.
Les 5 phases d’adoption et de maturité IA
Les cinq phases sont l’expérimentation individuelle, l’adoption dispersée, le travail partagé avec des règles, l’intégration aux opérations et la transformation de l’activité autour de l’IA. Pour situer votre entreprise, suivez une tâche réelle et identifiez qui maîtrise les informations utilisées, le coût et le résultat final.
Cette grille adapte aux PME le modèle de maturité en cinq phases de Cohere. La phase 3 désigne ici des outils approuvés et des méthodes communes ; chez Cohere, elle correspond à une plateforme interne de production plus étendue. Utilisez ces repères pour choisir votre prochaine étape.
Phase 1 : l’expérimentation individuelle
Si vous vous reconnaissez : une personne obtient de bons brouillons avec l’IA, mais ses collègues ignorent comment elle procède.
Chez notre distributeur, la commerciale essaie plusieurs façons de présenter un produit à partir de sa description publique. Elle conserve ses consignes dans l’historique du chat et compare le brouillon à la fiche d’origine. L’entreprise n’a pas encore décidé si cette méthode doit être reprise par l’équipe.
Demandez-lui de décrire la tâche, de conserver un exemple sans information confidentielle et de noter les erreurs corrigées. Vous pourrez alors évaluer un travail concret, au-delà d’un simple « ça me fait gagner du temps ».
Phase 2 : l’adoption dispersée et le shadow AI
Si vous vous reconnaissez : plusieurs outils sont utilisés, certains comptes appartiennent aux salariés et personne ne relie l’ensemble des factures à des tâches précises.
Le shadow AI désigne l’usage professionnel de l’IA à l’insu de l’entreprise ou en dehors de ses règles. Cela concerne les comptes gratuits, les abonnements personnels et les fonctions d’IA intégrées à d’autres logiciels. Un compte payant peut lui aussi échapper au contrôle de l’entreprise.
Dans notre exemple, le service administratif commence à envoyer des fichiers de commandes sans avoir vérifié quelles colonnes contiennent des informations sur les clients. La priorité consiste à recenser ces usages et à proposer une solution autorisée, avec des limites compréhensibles pour la personne qui doit terminer son travail.
Phase 3 : un espace de travail avec des règles communes
Si vous vous reconnaissez : l’équipe connaît les outils autorisés, les informations admises dans chacun d’eux et les responsables du budget et de la validation.
Le distributeur approuve des outils pour des tâches définies, désigne un responsable du budget et conserve les consignes vérifiées dans la documentation de l’entreprise. Chaque personne dispose de son propre accès. Lors d’une arrivée ou d’un départ, un responsable vérifie les autorisations et la conservation des documents nécessaires à l’activité.
Un espace de travail professionnel peut faciliter cette organisation s’il propose les contrôles requis. Examinez les fonctions d’accès, de facturation et de collaboration de l’offre précise. Vérifiez la gestion des salariés et le partage des prompts séparément du choix de modèles.
Phase 4 : l’intégration aux opérations
Si vous vous reconnaissez : l’IA reçoit des informations d’un logiciel de gestion et renvoie un résultat utilisé dans un autre processus.
Le distributeur pourrait envisager de classer les demandes entrantes et de préparer des projets de commandes soumis à validation humaine. Ce projet nécessiterait une intégration spécifique, des essais sur les exceptions et une personne chargée des incidents. La connexion au logiciel de commandes crée une responsabilité de maintenance dans la durée.
Phase 5 : une activité conçue autour de l’IA
Si vous vous reconnaissez : la prestation vendue et l’organisation des postes reposent sur des capacités d’IA que l’entreprise a choisi de développer.
Le distributeur pourrait étudier une nouvelle prestation de création de catalogues personnalisés, avec son propre circuit de validation et son tarif. Avant de la proposer, il devrait vérifier la demande, le coût d’un catalogue correct et les moyens de traiter les réclamations. Le dirigeant devrait valider cette nouvelle activité avant de choisir les outils.
| Phase | Signe observable | Prochaine décision |
|---|---|---|
| 1. Expérimentation | La méthode reste dans un compte personnel | Documenter une tâche et ses erreurs |
| 2. Adoption dispersée | Personne ne rassemble usages, conditions et paiements | Recenser et approuver les outils |
| 3. Travail partagé | Les règles et les responsables sont connus | Mesurer qualité, usage et coût par tâche |
| 4. Intégration | Le résultat alimente un autre système | Maintenir les tests, les accès et la reprise |
| 5. Transformation | L’IA fait partie de la prestation vendue | Vérifier demande, marge et responsabilité |
Appliquez ces repères à une tâche ou à un service. Une entreprise peut entretenir une intégration logistique fiable tout en laissant des comptes personnels sans examen dans son service commercial.
Checklist du shadow AI : qui envoie quoi, et à quel outil ?
Pour repérer le shadow AI, établissez un inventaire des outils, des comptes, des informations utilisées et des paiements. Cochez chaque point lorsque vous disposez d’un élément vérifiable ou d’un responsable identifié, puis attribuez une action à chaque point en suspens.
- Personnes et outils : vous savez qui utilise chaque service pour travailler, avec quelle formule et sous un compte personnel ou contrôlé par l’entreprise. Incluez les outils gratuits et les fonctions d’IA d’autres logiciels.
- Tâches et informations : vous avez recensé ce que les salariés collent ou joignent : fiches publiques, courriels, contrats, commandes ou fichiers clients. Notez les catégories d’informations sans recopier de contenu confidentiel dans l’inventaire.
- Destination des données : vous avez identifié le fournisseur qui les reçoit, ses conditions de stockage et les éventuels transferts internationaux.
- Entraînement et conservation : vous avez examiné les conditions et les réglages du service et de la formule utilisés, y compris la durée de conservation des conversations.
- Paiements : chaque abonnement ou recharge correspond à un responsable, une tâche et une dépense identifiable. Vous prenez aussi en compte le temps consacré à vérifier les réponses.
- Accès et départs : une personne retire les accès et conserve les documents de travail dont l’entreprise a besoin lorsqu’un salarié la quitte.
- Méthodes réutilisables : l’équipe autorisée peut retrouver les consignes utiles, leur auteur et un exemple validé.
- Règles et questions : chacun connaît les outils et les données autorisés, la personne qui vérifie le résultat et le contact à prévenir en cas d’envoi erroné.
Les mentions « gratuit » et « payant » ne suffisent pas à connaître les conditions de confidentialité. Par exemple, OpenAI permet de désactiver l’entraînement sur les nouvelles conversations des espaces personnels ChatGPT Free, Plus et Pro. Ce réglage répond à une question précise. Il reste à vérifier la conservation, les accès et l’autorisation de l’entreprise pour utiliser ces informations.
Passer de la phase 2 à la phase 3
Passer à la phase 3 consiste à définir une méthode que l’équipe peut suivre : outils, informations admises, responsable et validation. Commencez par une tâche récurrente, puis vérifiez qu’un collègue peut la réaliser avec les mêmes consignes.
Rédiger une politique d’utilisation qui répond aux questions du quotidien
Un document court peut servir de point d’entrée. Précisez les informations admises dans chaque outil, les usages soumis à un accord préalable et la personne qui autorise la remise du résultat au client.
Le distributeur pourrait d’abord autoriser la rédaction à partir de fiches publiques approuvées, avec un examen préalable à l’ajout d’informations sur les clients. Il devrait décider séparément des conditions d’utilisation des contrats et des données personnelles. Notre guide de gouvernance de l’IA en entreprise détaille l’inventaire, la politique et le processus de validation.
Rassembler les dépenses et examiner les contrôles proposés
Confiez à une personne le suivi des abonnements, des recharges et des renouvellements. Testez une solution de remplacement avec les salariés concernés avant de choisir les outils à conserver. Sauvegardez les documents nécessaires avant de fermer un compte.
Pour un espace partagé, demandez qui peut inviter et retirer des utilisateurs, qui accède aux factures et comment fonctionne la limite de consommation. Comparez le coût des tâches achevées, vérification comprise. La facturation à l’usage et les abonnements par personne demandent des calculs différents ; aucune formule n’est automatiquement moins chère.
Conserver les prompts avec les exemples et les critères de validation
Une bibliothèque interne peut commencer dans la documentation que l’entreprise utilise déjà. Pour chaque tâche, gardez les consignes, les informations autorisées, un résultat validé et les erreurs à rechercher.
Pour les fiches du distributeur, le responsable commercial pourrait demander que le texte conserve les dimensions, les matériaux et les conditions de livraison. Un collègue essaie la consigne sur un autre produit et relève les erreurs. Cet exercice aide à vérifier si la méthode peut être reprise par l’équipe.
Copiez cette fiche comme modèle pour votre documentation, puis adaptez-la à une tâche autorisée par l’entreprise. Le produit de l’exemple est fictif.
1Tâche : Rédiger une description de produit à partir d’une fiche validée.
2Données d’exemple autorisées (fictives) : Étagère en acier. 80 × 30 × 120 cm. Livraison : 5 jours ouvrés.
3Consigne : Utilisez uniquement les données fournies. N’inventez ni charge maximale, ni garantie, ni autre détail manquant.
4Résultat attendu : Un texte de 60 mots maximum, suivi d’une liste des informations non fournies.
5Contrôles : Vérifiez chaque fait dans la fiche et retirez les affirmations sans source.
6Responsable de la validation : [Fonction chargée de valider le brouillon, par exemple responsable commercial].Examiner le traitement des données avant d’étendre les usages
La CNIL recommande d’examiner les rôles de l’entreprise et du fournisseur, les accords de traitement et les transferts de données. Le contrat adapté dépend du traitement et des responsabilités de chaque partie.
Demandez des précisions sur la conservation, la réutilisation, la suppression et les fournisseurs impliqués. Un routage privilégiant l’UE décrit une orientation du service ; si une tâche exige un traitement exclusivement dans l’UE, vérifiez cette condition pour l’offre et le modèle retenus. L’examen du fournisseur doit accompagner la décision sur les informations que l’équipe peut utiliser.
Dans la grande entreprise : le mur de la mise en production et les phases 4 et 5
Dans la grande entreprise, une intégration doit préserver les autorisations, la qualité et la continuité lorsque le résultat de l’IA intervient dans un autre système. Un espace de travail répond à une partie des besoins de rédaction ; l’intégration demande aussi des responsables d’exploitation, des tests et une procédure de reprise.
Le rapport Deloitte publié en 2026, fondé sur une enquête d’août et septembre 2025, indique que 25 % des répondants avaient mis en production au moins 40 % de leurs projets pilotes d’IA. Cette proportion concerne les répondants ; elle ne permet pas de calculer la part de l’ensemble des pilotes ayant échoué.
Cohere appelle « mur de la mise en production » le passage des essais à une plateforme opérationnelle. Pour examiner une intégration précise, vérifiez trois points :
- Informations et autorisations : testez si chaque utilisateur reçoit uniquement les informations nécessaires, y compris lorsqu’une donnée manque ou qu’un document change.
- Qualité et responsabilité : définissez le résultat acceptable, les erreurs nécessitant une intervention et la personne qui arrête le processus en cas de problème.
- Évolution des modèles et continuité : conservez des exemples de test pour comparer les versions et déterminez quel travail peut continuer si le service devient indisponible.
La seconde partie du modèle de Cohere aborde l’intégration et le remaniement de l’activité. Dans une PME, chacun de ces projets mérite une justification économique propre. Une intégration ciblée peut avoir du sens assez tôt, y compris dans une entreprise de vingt salariés.
Pour choisir les premières tâches, consultez notre guide de l’IA générative pour les entreprises.
La place d’ilisai dans cette progression
ilisai répond aux besoins de recherche, de rédaction, d’analyse et de création de contenus qu’une entreprise souhaite organiser. Chaque personne dispose d’un compte individuel avec son propre solde et peut choisir parmi les modèles activés dans le catalogue.
Vous pouvez effectuer des recherches web avec des liens vers les sources, analyser des fichiers CSV ou XLSX, afficher des graphiques dans le chat et générer des documents DOCX, PDF, PPTX ou XLSX à télécharger. La création d’images et de vidéos est également disponible ; la vidéo nécessite des crédits financés par une formule payante ou une recharge du portefeuille. La formule Gratuit comprend une dotation limitée ; consultez la page des tarifs pour les limites et conditions en vigueur.
ilisai privilégie le routage dans l’UE. Examinez sa politique de confidentialité et les conditions du service au regard des besoins de votre entreprise. L’approbation des usages, les consignes partagées et la vérification des résultats restent à la charge de l’équipe. Connecter un fonds documentaire privé, automatiser des modifications dans un CRM ou analyser un flux de données en temps réel nécessite une solution et une intégration spécifiques.
Commencez à utiliser l'IA aujourd'hui
Créez votre compte gratuit et accédez à plusieurs modèles d'IA depuis une seule interface.
Questions fréquentes
Ces réponses précisent la prochaine étape et les conditions d’un usage de l’IA maîtrisé par l’entreprise.
Comment connaître le niveau de maturité IA de mon entreprise ?
Suivez une tâche : compte utilisé, informations envoyées, coût et personne qui valide le résultat. Si vous ne pouvez pas identifier ces éléments, commencez par l’inventaire. Lorsqu’ils sont documentés et qu’un collègue peut reproduire le travail, vous disposez d’une base de phase 3 pour cette tâche.
L’usage de ChatGPT gratuit par un salarié relève-t-il du shadow AI ?
Il en relève lorsque cet usage professionnel échappe à la connaissance ou aux règles de l’entreprise. Un outil gratuit approuvé pour une tâche définie peut être maîtrisé ; un abonnement payant inconnu de l’entreprise peut relever du shadow AI.
Suffit-il de rembourser les abonnements individuels ?
Le remboursement règle la question du paiement. Il faut aussi décider quels comptes l’entreprise contrôle, quelles informations sont autorisées et comment conserver les documents de travail. Vérifiez ces conditions dans la formule précise avant de choisir une autre offre.
Un compte professionnel garantit-il la conformité au RGPD ?
L’entreprise doit évaluer son usage et le traitement des données, même avec une offre professionnelle. Les conditions du fournisseur, la finalité, les informations envoyées et les responsabilités de chaque partie doivent correspondre au travail envisagé.
Quand passer aux phases 4 et 5 ?
Lorsqu’un besoin justifie de connecter les systèmes ou de modifier la prestation vendue, et que l’entreprise peut financer l’exploitation et la vérification. Définissez d’abord le résultat acceptable et la conduite à tenir en cas d’échec. L’effectif et le nombre d’abonnements ne remplacent pas cette décision.