Une journée dans un cabinet comptable, avec et sans IA

La même journée en cabinet comptable, avec et sans IA : mails et chiffres fictifs, avec des brouillons que le professionnel doit encore vérifier.

Marta n’a pas encore ouvert son rapport que quatre mails clients réclament déjà une réponse. Elle dirige un cabinet de comptabilité et de conseil de cinq personnes à Alicante, en Espagne. Un rendez-vous est prévu jeudi ; il faut préparer les documents.

Le cabinet, Marta et les clients sont fictifs. Les mails et les six mois de chiffres de cette journée de juillet ont été inventés pour l’exemple. L’objectif est d’examiner l’usage de l’IA dans un cabinet comptable à partir de tâches précises, sans présenter ce récit comme un témoignage client ou une mesure du temps gagné.

Dans son étude de conjoncture publiée en janvier 2026, Bpifrance Le Lab fait état de 55 % de TPE-PME utilisant l’IA générative à la fin de 2025. Ce résultat d’enquête porte sur les TPE-PME, tous métiers concernés confondus. Pour choisir les usages d’un cabinet, il faut examiner les documents produits et les vérifications qu’ils demandent.

Sans IA : préparer chaque élément de la journée

Sans IA générative, Marta trie les demandes, consulte les sources et rédige les documents avec sa messagerie, son navigateur et ses outils bureautiques. Elle vérifie les enregistrements dans le logiciel comptable, puis prépare à part les explications destinées aux clients.

Le matin commence par les mails. Le client A souhaite faire le point sur les ventes jeudi 9, mais n’a pas encore envoyé ses chiffres. Le client B signale deux lignes portant la référence FAC-042 et se demande s’il s’agit d’un doublon. Le client C demande une réponse pour mardi 7 confirmant la réception du document envoyé la veille. Le client D veut modifier l’adresse sur ses factures, sans préciser à partir de quelle date.

Marta relève les échéances explicites et les informations manquantes. Avant de parler de facture en double, elle doit voir les deux lignes FAC-042 : l’une pourrait correspondre à un avoir. Pour accuser réception du document, elle vérifie la messagerie et le dossier. Elle rédige ensuite les réponses, en demandant des précisions là où elle ne peut pas conclure.

En milieu de matinée, une question documentaire. Un collègue cherche la source à consulter pour vérifier le contenu d’une facture ordinaire espagnole. Marta ouvre le BOE, le journal officiel espagnol, puis les pages de l’administration fiscale. Elle prépare une note pour l’équipe, avec les liens et le texte applicable.

Avant la pause déjeuner, le rapport. Pour un autre rendez-vous, elle dispose d’un tableau de ventes et de charges d’exploitation sur six mois. Elle calcule les totaux, compare les deux derniers mois et rédige ses observations. Il faut encore reprendre le tableau dans le document, contrôler les sauts de page et enregistrer le PDF.

L’après-midi, le graphique. Marta revient au tableur pour représenter les deux séries. Elle garde les mois dans l’ordre, vérifie les montants en euros et contrôle qu’aucune ligne n’a été omise. Le graphique doit préparer la discussion : le fichier ne permet pas, à lui seul, d’expliquer les variations.

Enfin, la communication du cabinet. Une publication LinkedIn sur les rendez-vous de suivi mensuel attend son illustration. Marta cherche un visuel qu’elle peut utiliser ou prépare une composition dans son outil de création. Elle évite les captures de rapports clients. Le texte et l’image restent à relire avant publication.

Ce sont des tâches de préparation et de présentation, en complément du travail effectué dans les outils du cabinet.

Avec l’IA : préciser ce que doit contenir le premier jet

Un espace de travail d’IA peut préparer un brouillon à partir des textes et fichiers que Marta lui fournit. Pour chaque tâche, elle décrit le résultat attendu et vérifie le contenu avant de l’utiliser avec un client.

Les mails : distinguer les demandes des suppositions

Marta colle les quatre messages fictifs dans le chat. Elle demande un tableau indiquant la demande, la date expressément mentionnée, l’action suivante et l’information manquante. Une adaptation française à réutiliser : « N’invente ni priorités, ni échéances légales, ni pièces jointes. »

Lors de l’essai, Ilisai a classé A et C parmi les demandes datées, jeudi 9 et mardi 7, et B et D parmi celles à préciser. Il a aussi rédigé en espagnol une réponse sur FAC-042, sans conclure à une facture en double. Le brouillon demandait si l’une des lignes pouvait correspondre à un avoir.

Cette question reprend toutefois une incertitude déjà exprimée par B. Il serait plus utile de demander les deux lignes ou les pièces permettant de les vérifier. Autre point à reprendre : pour C, le tableau proposait de confirmer la réception et indiquait N/A dans la colonne des informations manquantes. Le chat n’avait pourtant pas vérifié l’arrivée du document.

Marta contrôle cette réception dans sa messagerie et reprend le brouillon. Ilisai a travaillé sur les textes choisis ; il n’a ni ouvert la boîte mail, ni consulté le dossier client, ni envoyé de réponse.

La recherche : remonter au texte que le professionnel vérifiera

La demande porte sur les sources : où consulter les mentions d’une facture ordinaire en Espagne ? Marta limite la recherche au BOE et à l’administration fiscale espagnole, en demandant les liens exacts et une brève indication de ce qu’il faut vérifier dans chaque texte.

La réponse a fourni un lien vers le décret royal 1619/2012 en indiquant son article 6. Elle a aussi trouvé la page sur le contenu des factures ordinaires du manuel de TVA 2025 de l’administration fiscale espagnole. Nous avons ouvert les deux liens : les pages étayent les brèves descriptions fournies. L’édition du manuel fait partie des points à vérifier pour déterminer le texte applicable.

Marta ouvre les sources, vérifie le texte applicable et examine les exceptions avant de conseiller un client. Le BOE précise lui-même que son texte consolidé est informatif et renvoie à la publication officielle pour les usages juridiques. Cette recherche ne résout donc pas une situation fiscale particulière. Pour un dossier français, le cabinet devrait consulter les sources correspondant au droit français.

Le rapport : demander un fichier et en fixer le périmètre

Le fichier de départ est un CSV de six lignes, de janvier à juin. Il contient deux colonnes de montants : les ventes et les charges d’exploitation. Les valeurs sont toutes fictives.

Marta demande un rapport téléchargeable aux formats Word et PDF, avec le tableau d’origine, les totaux, une comparaison de juin avec mai et trois questions pour le rendez-vous. Elle veut une mention visible signalant les données fictives, ainsi qu’une note sur les informations absentes.

Lors de notre essai, les premiers fichiers ont modifié les montants de juin : 23 000 € de ventes et 15 800 € de charges, alors que le CSV indiquait 21 800 € et 15 700 €. Les totaux correspondaient aux lignes modifiées ; un simple contrôle des additions n’aurait donc pas suffi. Le PDF avait également perdu plusieurs accents espagnols.

Après plusieurs corrections dans le chat, nous avons comparé les deux fichiers finaux au CSV : les six lignes correspondent, avec 119 800 € de ventes, 88 200 € de charges et 31 600 € de différence arithmétique. Nous avons également vérifié la comparaison de mai et juin, les caractères espagnols et le symbole €, puis ouvert chaque page. Les deux rapports tiennent chacun sur une page et signalent visiblement le caractère fictif des données.

Le même rapport d’exemple en espagnol est disponible au format Word (DOCX) ou PDF.

La formulation compte autant que le calcul. La différence entre les ventes et les charges renseignées ne suffit pas à établir un bénéfice ou une situation de trésorerie. Le fichier ne contient ni impôts, ni amortissements, ni mouvements de stocks, ni encaissements ou décaissements. Marta contrôle les chiffres et les termes, puis télécharge le rapport pour vérifier sa présentation avant de le partager.

C’est un usage du générateur de documents IA : préciser le contenu, choisir le format et examiner le document à remettre. Ici, Marta fournit un CSV et des consignes ; elle n’importe pas un fichier Word.

Le graphique : préparer les questions du rendez-vous

À partir du même fichier, Marta demande un graphique interactif dans le chat, avec les ventes et les charges d’exploitation par mois. Les deux séries doivent être en euros, avec un axe vertical commençant à zéro.

Le premier résultat reprenait l’erreur sur juin. Après correction, nous avons ouvert les données du graphique et comparé ses douze montants au CSV. Les six mois apparaissent dans l’ordre, avec les deux séries et un axe partant de zéro. La capture présentée ici est une image fixe du graphique corrigé ; l’interaction se fait dans Ilisai.

Graphique en barres des ventes et charges d’exploitation fictives de janvier à juin 2026, avec un axe partant de zéro et le tableau de données visible

Capture fixe de l’essai dans Ilisai QA, avec des chiffres fictifs de janvier à juin 2026. L’interface est en espagnol.

Les deux dernières lignes de l’exemple permettent la comparaison suivante :

Donnée fictiveMaiJuin
Ventes22 500 €21 800 €
Charges d’exploitation15 300 €15 700 €
Ventes moins charges renseignées7 200 €6 100 €

Les ventes baissent de 700 € et les charges augmentent de 400 €. Il s’agit du calcul tiré du fichier fictif. Pour en expliquer les causes, Marta aurait besoin du détail des opérations et devrait vérifier que les deux mois couvrent les mêmes postes.

Le guide sur l’IA pour l’analyse de données en entreprise détaille les précautions utiles : définir la mesure, examiner le fichier et distinguer un constat d’une explication. Le graphique issu d’un fichier importé ne se met pas à jour lorsque le logiciel comptable change.

Le visuel : illustrer le sujet sans montrer un dossier

Pour LinkedIn, Marta demande une illustration carrée vue de dessus : une table, des carnets, une calculatrice et un graphique abstrait. La consigne exclut les chiffres lisibles, les personnes, les logos et les informations clients.

L’image obtenue représente les deux carnets, la calculatrice et une feuille de courbes et de formes abstraites, en bleu encre, sable et corail. Nous avons examiné le fichier téléchargé : la feuille ne contient ni chiffres lisibles ni données clients. Le visuel illustre le thème du rendez-vous.

Illustration vue de dessus d’une table avec deux carnets, une calculatrice et un graphique abstrait, en bleu encre, sable et corail

Illustration générée dans Ilisai pour cet exemple fictif de publication d’un cabinet comptable.

Elle examine l’image, termine son texte et décide de sa publication. Le visuel doit être présenté comme une illustration, sans suggérer qu’il s’agit d’une photo du cabinet ou des résultats d’un client. Sa génération ne programme pas la publication sur LinkedIn.

Les vérifications qui restent au cabinet

Le professionnel choisit les données transmises, contrôle le résultat et autorise chaque envoi ou dépôt. La rédaction assistée conserve ces étapes et ajoute la vérification du contenu produit par le modèle.

Avant d’utiliser des informations réelles, le cabinet doit déterminer ce qu’il peut communiquer au service choisi et à quelles conditions. Des données fictives suffisent pour un premier essai. Remplacer le nom d’un client peut laisser d’autres détails permettant de le reconnaître.

Dans cette journée, les contrôles portent sur des points précis :

  • Vérifier la réception d’un document ou l’existence d’une erreur avant de les affirmer par mail.
  • Ouvrir les sources et examiner le texte applicable.
  • Comparer les montants, les libellés et les omissions du rapport avec le fichier fourni.
  • Contrôler les périodes, les unités et les séries du graphique.
  • Relire le visuel et vérifier la manière dont il sera présenté.

Ilisai ne se connecte pas ici au logiciel comptable, ne passe pas d’écritures, ne calcule pas la paie et ne dépose pas de déclaration. Ces opérations nécessitent un logiciel spécialisé ou une intégration adaptée, avec leurs propres contrôles. L’espace de travail ne récupère pas non plus les mails qui arriveront demain.

Dans un cabinet de 50 personnes

Dans un cabinet de 50 personnes, la direction doit fixer les outils autorisés, les données utilisables et la personne qui valide chaque document. Un espace de travail partagé peut y contribuer si ses droits d’accès et ses conditions d’utilisation correspondent aux dossiers traités.

Le premier essai peut rester un rapport semblable à celui de Marta. Lorsque plusieurs équipes s’en servent, elles doivent partager la même définition des ventes, disposer de consignes communes et savoir à qui soumettre une donnée douteuse. Le cabinet conserve le fichier d’origine et le rapport approuvé dans l’emplacement prévu pour ces documents.

Une organisation plus importante examinera aussi l’ouverture et la suppression des accès, la séparation des dossiers clients, la conservation des données et les conditions des fournisseurs. Ce sont des critères à vérifier lors du choix d’un service. Cet exemple ne démontre ni droits d’accès par dossier, ni journal d’audit complet, ni déploiement privé d’Ilisai.

Commencer par un document que vous pouvez relire en entier

Si vous êtes expert-comptable, choisissez d’abord une tâche dont vous pouvez contrôler tout le résultat, comme un mail ou un rapport construit avec des chiffres fictifs. Évaluez le travail complet, préparation des données et corrections comprises, avant d’étendre l’essai.

Ilisai réunit recherche avec sources, rédaction, documents téléchargeables, analyse de fichiers et génération d’images dans un espace de travail, avec plusieurs modèles disponibles et un usage facturé en crédits. Dans cette journée, Marta fournit elle-même le contenu à traiter. Consultez les tarifs pour connaître les limites et les options, et le guide de l’IA générative pour les entreprises pour situer ces tâches parmi les autres usages possibles.

Reprenez une des cinq scènes et jugez le résultat après l’avoir vérifié.

Vicente Pomares
Fondateur
Dédié à rendre l'IA générative accessible à tous.

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