L'état de l'adoption de l'IA souveraine en Europe (2026)
Eurostat, Accenture, IDC et DGE : ce que les chiffres mesurent sur les usages de l’IA, la demande de solutions souveraines et les données encore manquantes.
Les sources examinées pour ce dossier ne permettent pas d'établir un taux représentatif d'adoption de l'IA souveraine dans les entreprises européennes. Elles mesurent l'usage de l'IA, l'intérêt pour les technologies souveraines et les avis de grands acheteurs.
Cette distinction compte quand un chiffre entre dans une décision d'investissement. Utiliser l'IA, rechercher une offre souveraine et comprendre la souveraineté décrivent des situations différentes, souvent au sein d'organisations différentes.
Que mesurent les études disponibles ?
Les enquêtes publiques auprès des entreprises mesurent l'utilisation des technologies d'IA ; les études commerciales ciblées portent sur les intentions et la compréhension de la souveraineté chez leurs répondants. Vérifiez la population et la période d'enquête avant de présenter un résultat comme une preuve de déploiement.
| Mesure | Ce qui est compté | Ce qu'elle ne permet pas d'établir |
|---|---|---|
| Usage de l'IA | Entreprises déclarant utiliser une technologie d'IA | Région de traitement ou degré de maîtrise souveraine |
| Intérêt pour des solutions souveraines | Répondants exprimant une préférence | Achat effectué ou système en production |
| Connaissance de la souveraineté | Définitions et compréhension déclarée des acheteurs | Contrôles appliqués dans leur organisation |
| Fournisseurs d'un catalogue | Prestataires retenus dans un répertoire | Nombre de clients utilisant leurs produits |
Notre guide de l'IA souveraine pour les entreprises présente les choix concrets : opérateur, lieux de traitement, contrat et possibilité de changer de prestataire.
Combien d'entreprises utilisent l'IA en Europe ?
Selon Eurostat, 20 % des entreprises de l'UE comptant au moins dix personnes occupées utilisaient des technologies d'IA en 2025. Ce repère décrit l'usage général de l'IA dans les secteurs couverts par l'enquête, sans mesurer l'adoption de l'IA souveraine.
| Publication | Usage de l'IA déclaré | Période observée | Population couverte |
|---|---|---|---|
| Insee, France | 18 % | Premier trimestre 2025 | Entreprises d'au moins dix personnes occupées ; secteurs principalement marchands hors agriculture, finance et assurance ; France hors Mayotte |
| Eurostat, UE | 20,0 % | 2025 | Entreprises d'au moins dix personnes occupées dans les secteurs économiques enquêtés |
| INE, Espagne | 21,1 % | Premier trimestre 2025 | Entreprises d'au moins dix salariés dans les secteurs de l'industrie, de la construction et des services couverts par l'enquête |
Ce tableau reprend les publications respectives des instituts ; il ne constitue pas un classement issu d'une extraction statistique commune. Pour comparer les pays, utilisez une même série harmonisée d'Eurostat et vérifiez son champ. Aucune de ces publications ne donne la proportion d'entreprises utilisant exclusivement des modèles hébergés dans l'UE.
L'année de publication diffère aussi de l'année observée. L'Insee a publié son résultat en juillet 2026, mais les entreprises décrivaient leur situation au premier trimestre 2025.
Quelle demande pour les technologies souveraines ?
Dans son communiqué européen de novembre 2025, Accenture indiquait que 62 % des organisations européennes interrogées recherchaient des solutions souveraines face à l'incertitude géopolitique. Cette proportion décrit la demande des répondants, et non un taux d'adoption de 62 % dans l'ensemble des entreprises européennes.
| Organisations européennes interrogées par Accenture en 2025 | Part |
|---|---|
| Recherchaient des solutions souveraines face à l'incertitude géopolitique | 62 % |
| Prévoyaient d'augmenter leurs investissements en IA souveraine au cours des deux années suivantes | 60 % |
La méthodologie du rapport décrit un échantillon mondial de 1 928 organisations publiques et privées dans 28 pays, interrogées en juillet et août 2025. Toutes considéraient déjà la souveraineté comme très importante ou critique. Le communiqué européen ne précise pas la taille de son sous-échantillon régional.
Cette sélection compte pour interpréter les résultats : elle renseigne sur les organisations déjà préoccupées par le sujet. Elle ne permet pas de savoir combien d'entreprises européennes partagent cette préoccupation, notamment parmi les PME qui n'ont pas encore envisagé d'utiliser l'IA.
Comment les grands acheteurs définissent-ils l'IA souveraine ?
Dans une étude IDC de 2026 financée par Cohere, environ un répondant sur trois avait du mal à décrire l'IA souveraine. Parmi ceux qui pouvaient la définir, 52 % évoquaient un contrôle local ou national et 35 % l'indépendance numérique, selon le résumé public de Cohere.
IDC a interrogé plus de 500 responsables participant aux décisions d'achat d'IA en avril et mai 2026. Ils représentaient des organisations de secteurs réglementés réalisant plus d'un milliard de dollars américains de chiffre d'affaires annuel au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.
| Résultat | Groupe concerné |
|---|---|
| Environ un sur trois avait du mal à décrire l'IA souveraine | Répondants de l'étude auprès des grandes organisations |
| 52 % la décrivaient comme un contrôle local ou national | Répondants capables de la définir |
| 35 % la décrivaient comme une indépendance numérique | Répondants capables de la définir |
L'Allemagne et le Royaume-Uni étaient les marchés européens étudiés. Ces résultats ne peuvent être étendus aux PME européennes ni être lus comme un nombre de systèmes souverains en production.
Dans la grande entreprise, une application concrète consiste à convenir d'une définition avant de comparer les offres. Un responsable sécurité qui cherche à maîtriser les opérations et un directeur commercial qui veut choisir ses modèles peuvent sinon approuver des sens différents du même terme.
Quels obstacles freinent l'utilisation de l'IA ?
Le manque d'expertise, l'incertitude juridique et les préoccupations de confidentialité figurent parmi les principaux motifs de non-adoption dans les résultats d'Eurostat pour 2025. Les pourcentages ci-dessous concernent les entreprises de l'UE qui avaient envisagé l'IA sans l'utiliser, dans le champ de l'enquête couvrant les entreprises d'au moins dix personnes occupées.
| Motif de non-utilisation de l'IA en 2025 | Part de ce groupe |
|---|---|
| Manque d'expertise pertinente | 70,9 % |
| Incertitude sur les conséquences juridiques | 52,5 % |
| Préoccupations concernant la protection des données et la vie privée | 48,8 % |
Il s'agit de motifs au sein d'un groupe sélectionné, pas d'une répartition devant totaliser 100 %. Ces parts ne concernent ni l'ensemble des entreprises ni des obstacles mesurés spécifiquement pour l'IA souveraine.
Un service peut répondre à l'exigence de localisation d'une entreprise sans résoudre ses besoins de formation, de choix des tâches ou de vérification des résultats. Ces difficultés d'adoption générale doivent aussi figurer dans le budget de mise en œuvre.
Que change le catalogue français des fournisseurs ?
La DGE et Hub France IA ont publié un catalogue de 88 fournisseurs d'IA pour les PME et ETI le 30 juillet 2026. Ce nombre correspond aux prestataires référencés, pas aux clients ou aux installations.
La DGE le présente comme un catalogue de solutions souveraines d'IA pour les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire. C'est un point de départ concret pour identifier des fournisseurs et examiner leurs offres. Le référencement ne permet pas, à lui seul, de conclure qu'un service satisfait vos exigences de traitement, de contrat et de continuité.
Que manque-t-il pour mesurer l'adoption dans les PME ?
Les sources précédentes ne donnent pas de taux représentatif d'adoption de l'IA souveraine dans les PME européennes. Croiser une enquête générale sur l'IA avec un échantillon ciblé de grands acheteurs ne comble pas ce manque.
Le rapport D4SME de l'OCDE publié en 2026 apporte des observations sur un échantillon non représentatif de plus de 2 000 PME dans douze pays de l'OCDE. Il aide à examiner les pratiques technologiques des entreprises participantes, sans permettre d'estimer un taux d'usage de l'IA souveraine pour l'ensemble de la population.
Une étude utile devrait préciser la taille et le pays de l'entreprise, la tâche en production, les lieux de traitement, les contrôles appliqués et les preuves disponibles. Elle devrait aussi distinguer un système utilisé d'un achat prévu. Faute de ces informations, l'« adoption souveraine » peut recouvrir des situations très différentes.
Comment utiliser ces chiffres dans une décision d'achat ?
Servez-vous des études pour préparer vos questions aux fournisseurs et repérer ce qui manque dans votre plan de déploiement. Évaluez chaque offre selon les exigences de la tâche : un taux d'adoption ne prouve pas qu'un produit convient à vos informations.
Pour comparer de futures éditions, conservez la question posée, l'échantillon et la période observée avec le résultat. Une modification de méthode peut faire varier un pourcentage sans qu'une seule entreprise change de pratique.
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